C'est lAid !

Publié le par citoyens-sans-cible

Du 06 au 08 novembre 2011, aura lieu la fête de l'Aid El Adha. Et oui, le calendrier musulman ne prévoit que deux fêtes dans son calendrier : Aïd el Fitr et l’Aïd el Adha. Aïd el Fitr, mot à mot la « fête de la rupture du jeune » qui marque la fin du mois du mois de RAMADAN du calendrier lunaire musulman dure un jour. Quand l’Aïd el Adha (« fête du sacrifice ») qui marque la fin de la période du pèlerinage à la Mecque, cette fête dure trois jours au cours desquels, les musulmans procèdent au sacrifice d’un mouton en commémoration de l’acte de sacrifice du prophète Abraham. Symboliquement cet acte montre au croyant la soumission, envers Dieu, même dans la difficulté. C’est l’occasion de se détendre et de se réunir entre coreligionnaires, famille et amis, musulmans ou non. Cette année encore sera entachée par certains éléments extérieurs au culte.

Flock of sheep-mouton

 

Aujourd'hui l'élément le plus connue de cet événement, est l'égorgement d'un mouton pour faire perdurer la tradition. Et ce point est devenu un vrai problème sociétal en France, notamment dans les départements et villes, où il y a une communauté musulmane importante comme le Nord et Dunkerque. Si cette action ne dérange pas les foules et si on ne déplore pas d’incidents durant ce jour de fête, sa réalisation en une journée pose un problème d’organisation surtout lorsque les moyens ne sont pas mis en œuvre pour un abatage collectif. Ce manque d’organisation et de moyens poussent inéluctablement, un certain nombre de nos compatriotes à enfreindre la loi pour faire perdurer cette tradition qui leur est chère. C'est ce souci de transmettre aux prochaines générations l’acte du sacrifice qui revient souvent dans la bouche des personnes sondées à ce sujet car la viande issue du sacrifice doit pour les deux tiers être offerte aux voisins et aux pauvres. Dans le cadre de sa fonction, le Préfet du Nord a, par communiqué, rappelait la loi, qui interdit l’abattage d'animaux en dehors des endroits consacrés à cet effet et agréés. Par ailleurs, l’Union Européenne a interdit en 2004 les abattoirs « sauvages » en plein air. Or à Dunkerque, l’abattoir a fermé ses portes l’année dernière ne laissant plus d’alternatives à la communauté musulmane au niveau local. La loi donne aussi les quelques règles générales à respecter, dans ce cas afin d'éviter tout problème. Un hic, pourtant apparaît dans la déclaration du préfet, le manque de solution donné au niveau régional. En effet si la France est un état laïc, qui n’a pas à intervenir dans le domaine du culte, à moins qu'il ne sorte de son cadre établi, il y a ici un problème citoyen, d’ordre public, celui de la santé et de l’hygiène. La région ne peut l'ignorer, les citoyens musulmans étant des Français à part entière et qui font vivre nos cités. La jurisprudence vient pourtant de confirmer, encore récemment, qu’une commune et donc à fortiori toutes collectivités territoriales comme la région ou le département, peut soutenir les projets d’associations cultuelles lorsqu’ils présentent un intérêt public local, la santé public dans le cas qui nous intéresse ici. Ainsi, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative en France, a admis que la communauté urbaine du Mans (Sarthe) pouvait apporter une aide financière à un abattoir pour la fête musulmane de l’Aïd el Adha. L’intérêt public, selon le Conseil d’Etat, réside dans la nécessité de garantir la salubrité et la santé publiques qui ne seraient assurées sans une structure locale (CE Assemblée. 19/07/2011, communauté urbaine du Mans – le Mans Métropole, n° 30916). Les représentants du culte, où sont-ils? Chaque année il faut attendre les déclarations d'un préfet, d'un ministre ou d'un président pour les voir réagir un mois avant l'échéance, en criant, hurlant, bêlant comme le mouton que l'on égorge. La loi pourtant ne change pas chaque année sur ce thème et s'organiser est une preuve de bon vouloir de paix, dans un climat tendant souvent à l'islamophobie. Un jour peut-être, lirons-nous dans la presse un simple rappel de l’évènement, non entaché de problème de gestion. Un jour souhaitons-le, les élus de la République et les représentants de la communauté musulmane tiendront tous un couteau et une fourchette, pour manger paisiblement un bon bout du mouton de la discorde…

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