Dossier : la bataille des Mosquées aura-t-elle lieu ? (II)

Publié le par citoyens-sans-cible

Le culte musulman à Grande-Synthe

Il existe à Grande-Synthe trois lieux de culte musulmans, deux sunnites et un d’obédience chiite. Le conflit pour la construction d’une mosquée oppose les deux mosquées sunnite, nous ne parlerons donc pas de la mosquée chiite.

AML

Le 02/08/1999, née l’AML, Association Musulmane du Littoral qui a pour objet la pratique et l’enseignement du culte musulman. Partant du constat, que la majorité des musulmans de l’agglomération vit à Grande-Synthe mais ne dispose pas d’un lieu de prière digne de ce nom, elle s’est donnée pour objectif la liberté de conscience été de culte. Des premiers contacts ont lieu entre l’association et la majorité de M. Demarthe. A l’époque, il ne se dit pas opposé à l’édification d’une mosquée à Grande-Synthe mais demande que les musulmans se mettent d’accord en respectant le pluralisme des sensibilités de la communauté musulmane mais également le respect de la laïcité. Autre condition, le projet de lieu de culte se déclinerait en une mosquée dit de quartier ayant une capacité d’accueil de moins de 500 personnes. En mars 2001, une nouvelle majorité arrive au pouvoir à sa tête Damien Carême ; le projet tombe à l’eau. Les relations entre l’association et les services de la mairie sont quasiment inexistantes. En mai 2001, l’AML acquiert, par l’entremise de son président, des locaux situés au centre commercial Saint-Jacques pour une superficie de 300m² qui seront aménagés en lieu de culte. L’association signera la charte sur la laïcité du gouvernement et intègrera le CFCM. Elle devient ainsi la première association cultuelle et la première « mosquée » reconnu par l’état sur Grande-Synthe. En 2005, l’association invite le maire de Grande-Synthe ainsi que Jean Le Garrec pour la fête de l’Aïd. C’est l’occasion pour l’AML de présenter son projet de lieu de culte pour la ville. A l’époque fait clairement comprendre à l’association qu’il est contre et qu’il ne peut vendre un terrain pour construire une mosquée, ayant peur de voir le FN profiter de la situation. Face à l’attitude hostile du maire, l’AML décide d’acquérir le 17/04/2007, un nouveau terrain de 1000m² au 42, rue Anatole France pour la somme de 250000€ financés par les dons de fidèles au bout de deux ans (3/09/2009, date la jouissance des locaux par l’association)». En octobre 2010, l’AML dépose un permis de construire pour son projet de mosquée qui sera refusé sans être instruit par le service de l’urbanisme, chose unique en France.

Espace Camus

L’association des Français musulmans rapatriés d’Algérie  (AFMR) et leurs amis est installée depuis les années 90 dans des locaux mise à disposition par la ville à l’intérieur de l’espace Camus, une ancienne école primaire désaffectée de l’Albeck (rue G. Sand). L’AFMR est une association socioculturelle active qui « accompagne administrativement et juridiquement des rapatriés dans l'obtention de leurs papiers » selon les termes de son président. L’association est aussi un lieu socialisateur ou des cours de langue arabe sont dispensés aux enfants qui viennent lire et apprendre l'arabe. Elle organise aussi des voyages culturels pour aider notamment des femmes de sortir de chez elle. Elle permet entre autres aux personnes retraités en particulier de se rencontrés pour discuter, jouer aux dominos, partager des moments d’amitiés. Mais quelle rapport avec le culte et comment se fait-il qu’on y prie. Au départ, il n’y avait pas de salle de prière, du moins la convention de mise à disposition de salle ne le prévoyait pas.  La mairie tolérait ces personnes âgées à faire leur prière dans l’après-midi dans une salle annexe. Petit à petit, cette salle annexe est devenue une salle de prière à la fin des années 90. Certains adhérents de l’association s’étaient alors plaints à André Demarthe de cette dérive et du fait que cela perturbait leurs activités. Le maire de l’époque demanda l’arrêt des prières dans cette salle comme l’atteste un courrier du maire. Déçu, nombres des personnes qui y priaient décidèrent alors de créer l’AML pour revendiquer leur droit au culte. Les deux associations qui étaient porteuse d’un projet de mosquée essayèrent de trouver un compromis mais en vain. L’AML, qui par ses statuts est cultuelle, décida d’acheter des locaux pour pratiquer son culte, ce que ne pouvait faire l’AFMR qui reçoit des subventions publiques. Devenir une association cultuelle signifiait pour l’AFMR de les perdre car la loi 1905 sur la laïcité est claire, l’état et les collectivités territoriales ne peuvent subventionner le culte. Mais en 2001, l’AFMR décide de rouvrir sa salle de prière au public avec l’accord du nouveau maire, M. Damien CAREME. Juridiquement, une collectivité locale peut mettre à disposition une salle à une association pour faire la prière (l’article L. 2143-3 du code général des collectivités territoriales) à condition qu’elle soit cultuelle et que cela fasse partie de son objet, ce qui n’est pas le cas pour l’AFMR (art 6 de la loi de 1901 sur les associations). 

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