Dossier : la bataille des Mosquées aura-t-elle lieu ? (I)

Publié le par citoyens-sans-cible

Depuis deux ans, la communauté musulmane, s’agite, se déchire autour de la question légitime d’un lieu de culte musulman à Grande-Synthe, ou plutôt d’une mosquée, disons-le clairement. C’est d’un dossier ultra-sensible ou Il importe de bien choisir ses mots surtout en cette période de montée d’islamophobie en France sur fond d’élection présidentielle où la communauté musulmane est désignée comme la source de tous les maux de la société française. C’est également un sujet compliqué car beaucoup de Français ignorent ce qu’est l’islam, ses rites et souvent font l’amalgame entre immigration et religion. Mais ces préjugés et amalgames peuvent aussi être renforcés par la communauté musulmane locale qui  ne fait guerre preuve de travail d’autocritique. Aujourd’hui deux associations se disputent la légitimité de l’édification d’une « vraie mosquée » à Grande-Synthe.

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Mais comment en est-on arrivés là ? C’est ce que nous allons tenter d’expliquer dans notre dossier.

Grande-Synthe, est la ville de l’agglomération dunkerquoise où la communauté musulmane est la plus importante. Selon certains responsables musulmans, plus d’un musulman sur deux de l’agglomération dunkerquoise (qui comprend 18 communes), habite Grande-Synthe. Par ailleurs, la communauté musulmane représentante une part non négligeable de la population grand-synthoise, peut-être 20 à 25%, ce qui est considérable, d’ou la comparaison de la composition de la population et de la sociologie de Grande-Synthe avec celle de Roubaix. Mais alors pourquoi depuis tant d’années, Grande-Synthe ne dispose-t-elle pas de sa mosquée alors qu’à dunkerque où les musulmans sont moins nombreux on n’en dénombre pas moins de 4.

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Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter quelques décennies en arrière. La communauté musulmane grand-synthoise, essentiellement d’origine immigrée, s’était principalement installée dans l’ouest de l’agglomération dans les années 70, particulièrement dans l’actuel quartier de l’Albeck.  A l’époque ce quartier faisait partie de Dunkerque. Lorsque l’Albeck fut rattachée à Grande-Synthe par référendum au tout début des an0nées 80, la communauté musulmane de Grande-Synthe, avait à plusieurs reprises fait des demandes pour édifier une mosquée mais elles furent sans cesse rejetées par René Carême, maire à l’époque, qui n’en voulait pas. Il fallait refouler « les barbus à Dunkerque ». Ainsi furent aménagés trois lieux de cultes musulmans à Dunkerque financés et dirigés essentiellement par des grand-Synthois. On passe ainsi de l’islam des valises à celui d’islam des caves.  A partir du milieu des années 90,  la donne change, la communauté musulmane n’est plus composée d’immigrés mais de citoyens français qui revendique leur droit au culte et veulent sortir de cette islam des caves. Au niveau national les choses évoluent positivement pour les musulmanes avec la mise en place par Nicolas Sarkozy du CFCM (centre français du culte musulman). Même si cette institution est critiquable, il est incontestable qu’elle s’est accompagnée par la bonne volonté des pouvoirs publics à voir émerger un islam organisé, visible et transparent. Ainsi, partout en France, des permis de construire et des autorisations d’urbanisme sont octroyés pour permettre au musulman de mieux pratiquer leur religion.

Mais alors pourquoi à Grande-Synthe, les choses n’ont pas été dans ce sens ? 

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